Article paru dans les Échos, édition du Mardi 24 février 2004

 

 

Coaching et e-learning pour redécouvrir son propre pays
 

Un peu désorientés à leur retour en France, les expatriés ont souvent besoin d'être aidés à formuler clairement leur souhait professionnel et à valoriser leur expérience à l'étranger.
 

Habitué à être choyé par son entreprise, l'expatrié, de retour, redevient un salarié lambda sans toujours obtenir la reconnaissance dont il a besoin.

Pour beaucoup d'expatriés, le retour en France prend des allures de lendemain de fête : finis les avantages de l'expatriation, la qualité de la vie, l'enrichissement interculturel. Habitué à être choyé par son entreprise, l'expatrié, de retour, redevient un salarié lambda sans toujours obtenir la reconnaissance dont il a besoin. « Pour que l'expatrié se sente épanoui dans l'entreprise à son retour, il faut lui confier un poste qui mobilise le côté international et interculturel qu'il a développé à l'étranger. La difficulté vient souvent d'une incompréhension entre l'expatrié et le responsable de la mobilité internationale, qui, dans beaucoup d'entreprises, n'a pas d'expérience à l'étranger, aussi paradoxal que cela puisse paraître », souligne Nathalie Kleinschmit, fondatrice et directrice de la société Global'ease, spécialisée dans le conseil en management interculturel et développement international. La difficulté peut aussi venir des expatriés eux-mêmes lorsqu'ils ne parviennent pas à formuler clairement leur souhait professionnel. Des séances de coaching en ligne ou en face-à-face, comme le propose Global'ease, peuvent « aider l'expatrié à mettre des mots sur ses craintes, sur son expérience et lui apprendre à vendre ses compétences qu'il ne parvient pas toujours à évaluer par lui-même », souligne Nathalie Kleinschmit.


Soutien au cas par cas

Schneider, Auchan ou encore Carrefour commencent à recourir à ce type d'accompagnement, au cas par cas. L'essentiel, pour l'entreprise comme pour l'individu, est de ne pas considérer le retour comme un pas en arrière mais comme la continuité d'une carrière qui doit rester internationale, même depuis la France. Pour garder un contact avec l'international, certains salariés revenus en France deviennent parfois membre d'un club d'échanges entre « impatriés » en France et anciens expatriés, comme le club Kunveno, qui organise une soirée par mois à Paris où se retrouvent environ 80 personnes. Faire partager son expérience à de futurs expatriés et devenir en quelque sorte consultant interne dans son entreprise peut aussi s'envisager. Enfin, pour éviter le choc du retour, Global'ease a créé un module d'e-learning baptisé « En marche vers le retour ». Composé de plusieurs séquences - une bande dessinée, un quiz, les questions à se poser avant le retour - ce module met en scène de façon ludique toutes les situations dans lesquelles l'expatrié et sa famille ne manqueront pas de se trouver : incompréhension de ses proches, difficile adaptation des enfants à leur « nouveau » pays, sentiment d'isolement. Les conseils peuvent sembler évidents, ils n'en sont pas moins utiles pour redécouvrir en douceur la vie dans l'Hexagone.